« MOONWALK ONE – un peu plus qu’un ciné-concert »

MOONWALK ONE est une expédition, un spectacle visuel et sonore qui immerge l’auditeur-spectateur dans une foule de mots et de sons surgissants de toutes parts.

MOONWALK ONE est surtout un film, extraordinaire et graphique, fait d’images jamais vues d’un voyage en capsule spatiale, mais MOONWALK ONE est aussi une expérience sensorielle et métaphysique sur l’ailleurs et l’inconnu au travers de l’aventure d’Apollo 11 et du premier pas de l’Homme sur la Lune.

MOONWALK ONE – par Antoine Arlot

« Théo Kamecke est un réalisateur Américain. Il est mort il y a peu, il y a presque deux ans. Je n’ai pas eu le temps de l’avoir au téléphone, juste la chance d’avoir pu lui dire par mail comment son film MOONWALK ONE m’avait touché par son regard graphique et métaphysique. C’est une sorte de documentaire, l’histoire d’Apollo 11 et du premier pas sur la lune mis en scène avec entre autres des rushs techniques de la NASA. Ce film monté entre 69 et 70 à emporté le Prix Spécial du Jury à Cannes en 72. Il était depuis passé aux oubliettes jusqu’à ce qu’un label cinématographique appelé E.D. Distribution et spécialisé dans les perles oubliées ne le ressorte remastérisé en DVD dans une belle pochette. Ce sont eux qui m’ont autorisé depuis la mort de Théo Kamecke à faire ce que je veux faire, faire sentir en direct par le son et la poésie ce que les images suggèrent. Mais il ne s’agit pas simplement d’un ciné-concert où la musique viendrait tapisser l’histoire visuelle en en remplaçant une autre (le travail de Charles Morrow pour la bande-son d’origine est magnifique). Il s’agit plutôt d’une tentative d’ouvrir le regard et la sensation par le son, il s’agit de faire circuler une histoire dans l’histoire, une histoire faite de poésie (de Guillevic, de Claude Roy, de Eugenio de Andrade…), d’interviews, de captations audio-naturalistes, de mots et de réflexions personnelles. Il s’agit d’espoir, de questions, de noir, d’inconnu, d’aventure, de désir, de tout ce qui fait imaginer et agir vers des terres inconnues, des terra incognita, ces ailleurs dont on parle en regardant les étoiles le soir.
Ce film ne montre pas une conquête mais une quête. Une recherche dont on sent bien quelle réside également à l’intérieur de soi, par delà les défis technologiques et les patriotismes. C’est une aventure intime qui résiste au brouhaha pour faire surgir tout ce que l’Homme a de poésie dans son désir de découvrir et de grandir. C’est un film naïf, tendre et positif, qui lutte (avec une certaine ironie) contre les récupérations vulgaires d’une époque avide de divertissements. C’est un film surtout, un vrai film qui montre un grand amour de l’émotion par le cinéma. »

« On portait nos pas vers un lieu innocent, vierge. Vers la lune, qui n’a pas de passé. Il n’y a rien, sauf le silence. A partir de maintenant, ce qu’il va s’y passer, c’est ce qu’on va y faire. Soit on laisse les choses terribles derrière nous, pour changer, soit on continue gaiement. Je voulais montrer une page blanche, où tout reste à écrire. » Theo Kamecke.

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